Ubuntu 18.04 LTS – Installation de Nextcloud 14 avec Nginx, PHP7-FPM, MariaDB et SSL/TLS

Nextcloud est un fork du célèbre ownCloud, solution vous permettant de créer votre propre cloud auto-hébergé et ainsi de stocker et synchroniser vos fichiers, vos contacts, votre agenda et vos contenus multimédias directement sur votre serveur. Vous pourrez alors accéder à toutes ces informations directement depuis votre navigateur web ou votre mobile via une application dédiée.

Fin avril 2016, Frank Karlitschek, cofondateur de ownCloud Inc, a annoncé son départ de la société, en mettant en cause, des dissensions internes, liées en partie à la stratégie de la société, mais également à la double licence du projet, qui ne favorise guère la participation de la communauté.

Frank Karlitschek et Niels Mache, patron de Struktur AG (connu pour l’offre collaborative Spreed.ME), rebootent aujourd’hui cette initiative sous la forme d’une nouvelle société et d’un nouveau projet : Nextcloud.

Ce fork d’ownCloud s’intégrera avec la plate-forme Spreeautd.ME et proposera un modèle plus ouvert pour la communauté. Les contrats de licence imposés aux contributeurs seront éliminés de cette nouvelle initiative, qui se veut plus transparente vis-à-vis du monde Open Source. L’objectif est de rééquilibrer la balance entre communauté et aspects commerciaux.

Nextcloud


Les principales fonctionnalités de Nextcloud sont :

  • Synchronisation de fichiers entre différents ordinateurs (clients dédiés multi-plateformes)
  • Stockage sécurisé (chiffrage des fichiers) et ajout de services externes (Amazon, Google, Dropbox, NFS, FTP, SFTP, WebDAV…)
  • Authentification LDAP/Active Directory, Kerberos et Shibboleth/SAML 2.0
  • Partage de fichiers entre utilisateurs ou publiquement
  • Éditeur de documents en ligne avec la suite Collabora Online (basée sur OpenOffice)
  • Visionneuse de documents en ligne (PDF, Open document…)
  • Gestion de différents workflows
  • Calendrier (CalDAV) et gestionnaire de contacts (CardDAV)
  • Conférences audio et vidéo sécurisées (WebRTC) avec possibilité de partage d’écran
  • Galerie d’images
  • … et de nombreuses fonctionnalités supplémentaires grâce aux applications Nextcloud.

Nextcloud peut être installé sur n’importe quel serveur supportant une version récente de PHP et supportant MariaDB (base de données par défaut), MySQL ou PostgreSQL.

1 – Prérequis

  • Vous devez disposer d’Ubuntu 18.04 LTS.
  • Votre utilisateur doit avoir accès à sudo.

Si vous ne possédez pas de serveur dédié ou de nom de domaine, je vous conseille les VPS de 1&1. Les serveurs sont rapides (basés en France), fiables et surtout très abordables. Les formules Cloud S ou Cloud M sont amplement suffisantes.

2 – Nginx

Notre choix se portera sur le serveur HTTP Nginx pour une question de performances. Nginx est reconnu pour ses hautes performances, sa stabilité, son ensemble de fonctionnalités, sa configuration simple ainsi que sa faible consommation en ressources.

2.1 – Installation

Installez le paquet nginx :

2.2 – Configuration

Modifiez les directives suivantes du fichier de configuration Nginx /etc/nginx/nginx.conf :

  • worker_processes 8; : l’un des paramètres à ajuster immédiatement est le worker_processes. Pour profiter pleinement de la puissance de votre serveur, il est recommandé de mettre autant de worker_processes que de cœurs disponibles sur votre serveur. Pour connaître le nombre de cœurs sur votre serveur, il suffit de lancer la commande :
  • server_tokens off; : pour des raisons de sécurité, il est recommandé de désactiver l’envoi d’informations telles que le numéro de version de votre Nginx. Pour cela, décommentez cette directive dans le bloc http.

3 – Installation et téléchargement de Nextcloud

  • Téléchargez la dernière version de Nextcloud :
  • Téléchargez le SHA256 et vérifiez l’intégrité de l’archive téléchargée :
    La dernière commande doit retourner sur la sortie standard :
  • Vérifiez la signature PGP et la provenance de l’archive téléchargée :
    La dernière commande doit retourner sur la sortie standard :
  • Décompressez l’archive Nextcloud :
  • Supprimez les fichiers et signatures téléchargés :

4 – Droits Unix

Lors du déploiement basique d’un serveur HTTP, l’utilisateur sous lequel fonctionne ce serveur (Apache, Nginx…) est la plupart du temps www-data, nobody ou apache. Cela signifie que si plusieurs sites existent sous la même instance de Nginx, tous utilisent le même utilisateur. Or si l’un des sites s’avère corrompu par un utilisateur malveillant alors l’assaillant peut profiter pleinement de tous les droits de l’utilisateur sous lequel tourne le serveur web. Tous les sites s’avèrent donc vulnérables.

Pour des raisons évidentes de sécurité, il est donc recommandé de cloisonner ces utilisateurs et d’avoir un utilisateur dédié à la gestion du dossier nextcloud. Cet utilisateur aura des droits aussi restreints que possible à ce répertoire.

Par défaut, les fichiers de Nextcloud possèdent les permissions suivantes :

  • répertoires : 755 (permission de lecture, d’écriture et d’exécution pour le propriétaire et permission de lecture et d’exécution pour le groupe et les autres)
  • fichiers : 644 (permission de lecture et d’écriture pour le propriétaire et permission de lecture uniquement pour le groupe et les autres).

Nous allons donc modifier le propriétaire du répertoire /var/www/nextcloud et l’attribuer à un nouvel utilisateur dédié : nextcloud.

Par ailleurs, Nginx est lancé sous l’utilisateur www-data et doit avoir accès en lecture au répertoire /var/www/nextcloud pour lire les ressources statiques (HTML, CSS, JS, etc.). Nous allons donc attribuer le répertoire /var/www/nextcloud au groupe www-data.

Enfin nous retirerons toutes les permissions de ce répertoire aux autres utilisateurs.

  • Créez un utilisateur nextcloud :
  • Modifiez le propriétaire et le groupe du répertoire /var/www/nextcloud :
  • Retirez toutes les permissions aux autres utilisateurs :

5 – Les modules PHP

Nextcloud nécessite certains modules PHP pour fonctionner :

  • Modules obligatoires :
    • PHP ctype
    • PHP dom
    • PHP GD
    • PHP iconv
    • PHP JSON
    • PHP libxml (version égale ou supérieure à 2.7.0)
    • PHP mb multibyte
    • PHP posix
    • PHP SimpleXML
    • PHP XMLWriter
    • PHP zip
    • PHP zlib
    • PHP pdo_mysql (connecteur pour MySQL/MariaDB)
  • Modules hautement recommandés :
    • PHP curl : nécessaire pour certaines fonctionnalités de Nextcloud comme l’authentification HTTP
    • PHP fileinfo : améliore les performances d’analyse des fichiers
    • PHP bz2 : nécessaire pour l’installation et l’extraction des applications Nextcloud
    • PHP intl : améliore les performances sur l’internationalisation et les opérations sur caractères non ASCII
    • PHP openssl : nécessaire pour accéder aux ressources HTTPS.

Installez les paquets suivants :

Vous devez disposer d’une version de PHP égale ou supérieure à 5.6.
Pour connaître la version installée sur votre système, tapez la commande suivante :

6 – PHP-FPM

Le module PHP-FPM permet la communication entre le serveur Nginx et PHP, basée sur le protocole FastCGI. Ce module, écoutant sur le port 9000 par défaut ou sur un socket UNIX, permet notamment l’exécution de scripts PHP dans un processus indépendant de Nginx avec des UID et GID différents. Il sera alors possible, dans le cas de la gestion de plusieurs applications sur un même serveur, de créer et configurer un groupe (appelé aussi pool) par application. Un pool définit notamment le UID/GID des processus PHP et le nombre de processus minimum, maximum ou encore le nombre de processus en attente à lancer.

6.1 – Installation

Installez le paquet php-fpm :

6.2 – Création du pool nextcloud

Créez le pool dédié à Nextcloud en créant le fichier de configuration suivant : /etc/php/7.2/fpm/pool.d/nextcloud.conf

Certaines valeurs sont très arbitraires et seront, en fonction des ressources disponibles sur votre serveur et celles que vous souhaiterez dédier à votre Nextcloud, différentes d’une configuration à l’autre. Cependant ces différentes directives respectent certaines conditions :

  • [nextcloud] : nom du pool. Il est possible de créer plusieurs pools par fichier. Chaque pool doit commencer par cette directive.
  • listen : interface d’écoute des requêtes. Les syntaxes acceptées sont ADRESSE_IP:PORT (exemple : listen = 127.0.0.1:9000) et /path/to/unix/socket (exemple : listen = /var/run/nextcloud.sock). Le socket est représenté comme un simple fichier sur le système et permet d’interfacer des processus entre eux sans passer par la couche réseau du système, ce qui est inutile lorsque Nginx et PHP-FPM sont hébergés sur le même serveur. Je vous conseille donc d’utiliser un socket.
  • listen.owner & listen.group : affecte l’utilisateur et le groupe au socket Unix si utilisé. Ces deux paramètres peuvent être associés au paramètre listen.mode qui définit les permissions du socket (660 par défaut). Il est important que Nginx ait les droits de lecture sur le socket Unix.
  • user & group : utilisateur et groupe sous lesquels le pool de processus sera exécuté. Cet utilisateur et ce groupe doivent bien sûr exister sur votre système et surtout accéder aux fichiers PHP de votre Nextcloud. Cela veut dire aussi que chaque fichier et répertoire créé dans Nextcloud appartiendra à cet utilisateur et à ce groupe. Comme nous l’avons vu dans le chapitre dédié aux droits Unix, chaque fichier devra appartenir à l’utilisateur nextcloud et au groupe www-data.
  • pm : directive acceptant les 3 valeurs suivantes : static, dynamic et ondemand.
    • static : les processus, au nombre de pm.max_children, sont continuellement actifs (quelle que soit la charge et l’affluence de votre Nextcloud) et sont susceptibles de consommer de la mémoire inutilement. Cette directive est recommandée si Nextcloud est l’unique application de votre serveur.
    • dynamic : le nombre de processus fils pourra varier suivant la charge. Cependant, nous gardons le contrôle sur le nombre de processus fils à créer au démarrage du serveur, le nombre de processus maximum, en attente de requêtes, etc. Les directives suivantes deviennent obligatoires : pm.max_children, pm.start_servers, pm.min_spare_servers, pm.max_spare_servers. Cette directive est recommandée si vous avez plusieurs pools avec un fort trafic (plus de 10 000 requêtes/jour).
    • ondemand : aucun processus fils n’est lancé au démarrage du serveur, les processus s’activent à la demande et auront une durée de vie définie par la directive pm.process_idle_timeout. L’intérêt de cette directive est de libérer de la mémoire en cas de faible charge mais celle-ci peut légèrement augmenter le temps de réponse de votre Nextcloud. Cette directive est recommandée si vous avez plusieurs pools avec potentiellement une faible affluence.

    Sachant que l’utilisation de Nextcloud est personnelle et souvent limitée à quelques utilisateurs, nous choisirons et détaillerons ici la directive ondemand.

  • pm.max_children : nombre maximum de processus fils. La valeur du paramètre pm.max_children varie d’un système à l’autre. Voici la procédure à réaliser pour déterminer la valeur de ce paramètre :
    • Arrêtez le service php-fpm :

    • Affichez la mémoire disponible (colonne available) sur votre système :

      Sur cet exemple, le système dispose de 3539Mo de RAM disponible. La quantité de RAM que vous souhaitez allouer au maximum à Nextcloud dépend de vous et des autres services actifs que vous disposez sur ce même système. Dans notre exemple, nous partirons du principe que nous souhaitons allouer au maximum 1024Mo de RAM à Nextcloud.

    • Affichez la mémoire utilisée par un processus fils php-fpm :

    • Déterminez le nombre de pm.max_children en appliquant la méthode de calcul suivante :

      pm.max_children = mémoire allouée (en Mo) / mémoire utilisée par un processus fils
      Dans notre exemple : 1024 / 18 = 56

    • Éditez à nouveau le fichier /etc/php/7.2/fpm/pool.d/nextcloud.conf et ajustez la valeur du paramètre pm.max_children :

  • pm.process_idle_timeout : durée en secondes avant qu’un processus fils inactif soit détruit.
  • pm.max_requests : nombre de requêtes que chaque processus fils devra exécuter avant d’être détruit. Cette valeur ne doit pas être trop élevée afin de contourner d’éventuelles fuites mémoires, ni trop faible pour ne pas solliciter régulièrement le CPU à chaque création de processus fils. 500 reste une valeur recommandée.
  • env[*] : variables d’environnement nécessaires à PHP-FPM.

Redémarrez le service php-fpm afin d’activer le nouveau pool nextcloud :

6.3 – Configuration du service php-fpm

Enfin, il est nécessaire de spécifier à PHP-FPM les permissions de chaque fichier ou répertoire nouvellement créé dans votre Nextcloud et ainsi respecter les permissions que nous avions spécifiées dans le chapitre des droits Unix. Pour cela :

  • Tapez la commande suivante :
    Il se peut que l’éditeur de texte par défaut de votre système ne soit pas celui que vous avez l’habitude d’utiliser. Si c’est le cas, tapez la commande suivante et choisissez l’éditeur par défaut de votre système :
  • Ajoutez les lignes suivantes :
  • Réactivez le service php7.2-fpm :

7 – Création de la base de données sous MariaDB

7.1 – Installation de MariaDB

Installez les paquets suivants :

7.2 – Configuration de MariaDB

Lancez le script de configuration (recommandé) :

7.3 – Création de la base de données nextcloud

  • Tout d’abord, connectez-vous sur l’interface MySQL avec l’utilisateur root et grâce au mot de passe saisi lors de la configuration de MariaDB :

  • Créez la base de données nextcloud :

    Tout comme pour la gestion du répertoire nextcloud et pour plus de sécurité, vous allez tout d’abord créer un utilisateur MySQL nextcloud dédié à la base de données nextcloud, renseigner un mot de passe et ensuite lui donner les droits sur cette base de données :

8 – Nom de domaine & virtual host

Si vous souhaitez accéder à votre Nextcloud de l’extérieur (et non seulement via localhost), il est nécessaire de faire pointer votre domaine ou sous-domaine vers l’IP de votre serveur. Pour cela, commencez par modifier les règles DNS dans l’interface administrateur du fournisseur de votre nom de domaine.


  • Créez le fichier suivant /etc/nginx/sites-available/nextcloud et modifiez les lignes en surbrillance en fonction de votre configuration :
  • Activez le virtual host :
  • La nouvelle configuration sera prise en compte après redémarrage des services Nginx et PHP-FPM :

9 – SSL/TLS avec Let’s Encrypt

Let’s Encrypt est une autorité de certification libre, automatisée et ouverte. Cette autorité fournit des certificats gratuits X.509 pour le protocole cryptographique SSL/TLS au moyen d’un processus automatisé destiné à se passer du processus complexe actuel impliquant la création manuelle, la validation, la signature, l’installation et le renouvellement des certificats pour la sécurisation des sites internet. En mai 2018, Let’s Encrypt a livré plus de 70 millions de certificats.

9.1 – Installation

Installez les paquets software-properties-common et certbot :

9.2 – Génération des certificats

Let’s Encrypt permet de générer de différentes façons plus ou moins automatisées un certificat. La méthode standalone permet de générer simplement un certificat. En revanche, celle-ci demande d’arrêter le serveur Nginx et ceci est valable à chaque renouvellement dudit certificat. Il existe aussi des plugins Apache et Nginx entièrement automatisés. Ces plugins mettent à jour automatiquement la configuration des virtual hosts mais le plugin Nginx est encore expérimental. Dans cet article, nous recommandons d’utiliser le plugin webroot pour Nginx qui permet de générer et renouveler son certificat sans interrompre le serveur Nginx.

Le plugin webroot crée un fichier temporaire /var/www/nextcloud/.well-known/acme-challenge dans le dossier racine de votre Nextcloud, celui-ci permettra aux serveurs de Let’s Encrypt de valider votre certificat en appelant ce fichier temporaire.

  • Générez votre certificat en remplaçant email@mondomaine.com et mondomaine.com par vos informations personnelles :
    Vous obtiendrez 4 fichiers dans le répertoire /etc/letsencrypt/live/cloud.mondomaine.com :

    • cert.pem : le certificat de votre domaine cloud.mondomaine.com
    • chain.pem : le certificat Let’s Encrypt
    • fullchain.pem : les certificats cert.pem et chain.pem combinés
    • privkey.pem : la clé privée du certificat.
  • SSL/TLS utilise un système de chiffrement asymétrique (comme RSA ou Diffie-Hellman) afin de sécuriser les échanges de vos flux. Par défaut, Nginx utilise une clé de 1048 bits. En augmentant la longueur de la clé à 4096 bits, vous augmenterez ainsi la sécurité de votre protocole SSL/TLS.

    Générez une nouvelle clé Diffie-Hellman (DH) de 4096 bits et attribuez-lui un minimum de permissions. La première commande peut prendre plusieurs heures :

  • Ajoutez ou modifiez les lignes en surbrillance dans votre virtual host (/etc/nginx/sites-available/nextcloud) en remplaçant les chemins des directives ssl_certificate, ssl_certificate_key, ssl_trusted_certificate et ssl_dhparam par l’emplacement de vos certificats et de la clé DH précédemment générés :

  • Rechargez votre configuration Nginx :

9.3 – Renouvellement automatique du certificat

Les certificats délivrés par Let’s Encrypt sont valides 90 jours. Une tâche planifiée permettant de renouveler l’ensemble des certificats présents sur votre serveur est fournie avec le paquet certbot. Celle-ci est exécutée deux fois par jour et les renouvelle si et seulement si vos certificats expirent dans un délai inférieur à 30 jours.

  • Vérifiez simplement la présence de la tâche planifiée dans le dossier /etc/cron.d :
  • Enfin vérifiez que la tâche est bien active :

10 – HTTP2

Je vous conseille vivement d’activer le nouveau protocole HTTP2 qui augmentera la sécurité et la rapidité de votre Nextcloud.

HTTP2 permet notamment :

  • la compression des headers des requêtes et des réponses qui permet de réduire la bande passante lorsque les headers (comme les cookies) sont similaires
  • le multiplexage des requêtes au serveur consistant à faire passer de multiples informations via un seul tuyau de transmission. Ainsi, on économise les multiples connexions entre le client et le serveur. Les requêtes, quant à elles, sont effectuées simultanément par le navigateur. Les requêtes ne se suivent donc plus les unes derrière les autres (HTTP1) et les plus prioritaires (CSS par exemple) ne sont plus bloquées par les moins prioritaires (images par exemple)
  • le push des ressources du serveur au navigateur. Désormais, le serveur pourra envoyer l’ensemble des ressources référencées dans une même page (CSS, JS…), avant même que le navigateur n’ait analysé celle-ci.

L’activation du protocole HTTP2 est très simple et consiste en l’ajout de la directive http2 dans votre virtual host :

Une fois la modification effectuée, n’oubliez pas de recharger votre configuration Nginx :

11 – Nextcloud

Vous risquez d’obtenir un timeout lors du premier lancement de Nextcloud dans votre navigateur (dû aux processus en arrière-plan permettant la création du filesystem pour votre utilisateur, la création du schéma de la base données Nextcloud, etc.). Il est donc nécessaire d’augmenter le temps de réponse dans la configuration de PHP-FPM et Nginx.

  • Éditez le fichier /etc/php/7.2/fpm/pool.d/nextcloud.conf et ajoutant le paramètre request_terminate_timeout (valeur en secondes) :
  • Éditez le virtual host /etc/nginx/sites-available/nextcloud et ajoutant le paramètre fastcgi_read_timeout (valeur en secondes) :

La nouvelle configuration sera prise en compte après redémarrage des services Nginx et PHP-FPM :

Lancez votre navigateur et rendez-vous à l’adresse suivante : http://cloud.mondomaine.com/.

Configurez votre compte administrateur et les informations de votre base de données nécessaires à Nextcloud :

Vérifiez la force de votre protocole SSL/TLS en vérifiant votre Nextcloud sur SSL Labs. Avec une telle configuration, vous devriez obtenir un A+.

12 – Améliorer les performances de votre Nextcloud avec le cache

12.1 – Cache PHP : OPcache

OPcache (qui signifie Optimizer Plus Cache) est introduit depuis la version 5.5.0 de PHP. Il sert à cacher l’opcode de PHP, c’est-à-dire les instructions de bas niveau générées par la machine virtuelle PHP lors de l’exécution d’un script. Autrement dit, le code pré-compilé est stocké en mémoire. Cela évite ainsi l’étape de compilation à chaque requête PHP. De plus, OPcache va optimiser l’exécution du code afin d’en améliorer les performances.

  • Éditez le fichier /etc/php/7.2/fpm/php.ini, décommentez et modifiez les lignes suivantes dans la section [opcache] :
  • La nouvelle configuration sera prise en compte après redémarrage du service PHP-FPM :

12.2 – Cache de données : APCu & Redis

APCu permet notamment de mettre en cache les variables PHP et de les stocker en mémoire vive. Redis est un système de gestion de base de données NoSQL avec un système de clef-valeur scalable (s’adapte à la charge). Une des principales caractéristiques de Redis est de conserver l’intégralité des données en RAM. Cela permet d’obtenir d’excellentes performances en évitant les accès disques, particulièrement coûteux.

  • Installez les paquets APCu et Redis :
  • Connectez-vous sous l’utilisateur nextcloud afin de pouvoir modifier le fichier de configuration de votre Nextcloud :
  • Ajoutez les lignes suivantes dans le fichier /var/www/nextcloud/config/config.php :
  • Revenez sous votre super-utilisateur :
  • La nouvelle configuration sera prise en compte après redémarrage du service PHP-FPM :

13 – Améliorer la sécurité de votre Nextcloud avec Fail2ban

Développé en langage Python, Fail2Ban est un outil permettant d’analyser des fichiers de logs et de déclencher des actions si certaines choses suspectes sont détectées. Fail2ban est capable de détecter des connexions non autorisées et de bannir (via iptables) l’adresse IP de l’attaquant. Les attaques de type brute force (tests de différentes combinaisons nom d’utilisateur / mot de passe) seront ainsi bloquées.

Fail2Ban se base sur un système de prisons (jails) que l’on peut définir, activer ou désactiver dans un simple fichier de configuration.

Fail2ban écoutera les logs générés par Nextcloud. Si Fail2ban détecte plus de 3 tentatives d’accès frauduleuses provenant d’une même IP sur la page de login, celui-ci bloquera automatiquement cette IP pour une durée que nous préciserons dans le fichier de configuration.

  • Connectez-vous sous l’utilisateur nextcloud afin de pouvoir modifier le fichier de configuration de votre Nextcloud :
  • Activez les logs en ajoutant les lignes suivantes dans le fichier de configuration de Nextcloud /var/www/nextcloud/config/config.php :
    Le paramètre log_rotate_size permet d’activer la rotation des logs et limite la taille maximale du fichier de log. Dans cet exemple, lorsque le fichier atteindra 100 Mo (104857600 = 100 * 1024 * 1024 bytes), un nouveau fichier sera créé et l’ancien écrasé.
  • Revenez sous votre super-utilisateur :
  • Créez le répertoire /var/log/nextcloud et attribuez-le à l’utilisateur et au groupe nextcloud :
  • Installez le paquet fail2ban :
  • Créez le filtre /etc/fail2ban/filter.d/nextcloud.conf et ajoutez les lignes suivantes :
  • Créez le jail /etc/fail2ban/jail.local dédié à Nextcloud et ajoutez les lignes suivantes :
    Avec cette configuration, une machine sera bloquée pendant 60min (3600 secondes) au bout de 3 tentatives de connexion échouées.
  • Redémarrez le service fail2ban :

Vous pourrez vérifier périodiquement les IP bloquées dans le fichier de log de Fail2ban : /var/log/fail2ban.log.

14 – Accéder à votre Nextcloud à partir de votre réseau local

Si votre Nextcloud est hébergé chez vous, l’accès à votre cloud via votre réseau local peut être intéressant. Nous allons créer un nom de domaine accessible uniquement à partir de votre réseau local.

  • Ajoutez un nom de domaine dans le fichier /etc/hosts pointant vers votre réseau local (127.0.0.1) :
  • Ajoutez le nom de domaine dans le virtual host de votre Nextcloud (/etc/nginx/sites-available/nextcloud) :
  • Rechargez la configuration Nginx :
  • Connectez-vous sous l’utilisateur nextcloud afin de pouvoir modifier le fichier de configuration de votre Nextcloud :
  • Ajoutez la ligne suivante dans le fichier de configuration Nextcloud (/var/www/nextcloud/config/config.php) :
  • Lancez votre navigateur et rendez-vous à l’adresse suivante : cloud.local
    Cette adresse ne sera accessible qu’au sein de votre réseau local.

Nextcloud sur Android…

Découvrez l’excellente application officielle Nextcloud sur Android qui vous permettra de synchroniser et de partager vos fichiers sur votre mobile.

Nextcloud4.0 ou version ultérieureDisponible sur Google Play


Ubuntu Server 18.04 LTSNginx 1.14.0
PHP7-FPM 7.2.3
MariaDB 10.1.29
Nextcloud 14.0.0
Fail2ban 0.10.2

AuteurEdouard WATTECAMPS

20 réponses
  1. tforgione
    tforgione dit :

    Merci pour vos fichiers de config…

    J’avais des problèmes de cycle de redirection avec les fichiers de config de nginx donnés sur le site officiel de nextcloud, mais avec le votre, tout fonctionne !

    Répondre
  2. dj59
    dj59 dit :

    Merci pour votre super tuto, fonctionnel sous Debian 9.5 !

    A la place de l’étape 9.1, il suffit juste d’ajouter les backports dans /etc/apt/sources.list :

    sudo nano /etc/apt/sources.list

    # Debian Stretch, dépôt de rétroportages (« backports »)
    deb http://deb.debian.org/debian/ stretch-backports main

    sudo apt-get install certbot -t stretch-backports

    De plus, pour éviter l’avertissement sur la fuite d’informations suivante :
    L’en-tête HTTP « Referrer-Policy » n’est pas défini sur « no-referrer », « no-referrer-when-downgrade », « strict-origin » ou « strict-origin-when-cross-origin ». Cela peut entraîner une fuite d’informations.

    Il faut ajouter « add_header Referrer-Policy no-referrer; » dans le virtual host /etc/nginx/sites-available/nextcloud après la ligne # Add headers to serve security related headers

    Répondre
  3. burd
    burd dit :

    Bonjour,
    Bravo pour ce tuto qui est de loin le plus clair et détaillé que j’ai pu trouver.
    J’avais déjà un serveur Nextcloud auto-hébergé mais il m’a permis de de corriger ou d’ajouter certaines petites choses.
    J’aurais juste une petite question. Mes besoins évoluant, J’aimerais garder mon reverse proxy via Nginx tout en ayant un accès en local, ce que je n’ai pas actuellement.
    Après documentation j’envisage soit de monter un serveur DNS pour gérer les redirections soit de faire une nouvelle configuration apache2, mais je crains que mes connaissance ne soit trop maigre pour choisir l’option la plus judicieuse.
    Auriez-vous une idée de la démarche à suivre ?

    Répondre
  4. Christian
    Christian dit :

    Quel tuto ! Chapeau bas !
    Cela fonctionne bien sous Linux Mint 19.

    3 questions :

    • Letsencrypt : est-ce que le cron pour le renouvellement est obligatoire ? J’ai lu que la paquet CERTBOT installé s’occupe maintenant de lancer 2 fois par jour via systemd timer.
    • REDIS : ne faut-il pas charger et lancer le service redis ? et ajouter le user nextcloud au groupe redis ? Ou est-ce que votre procédure rend cela caduque ?
    • J’accède bien à nextcloud via mon nom de domaine mais pas par localhost ou l’IP local. localhost me renvoie sur la page d’accueil d’apache (normal). Par contre, localhost/nextcloud semble vouloir pointer sur une page localhost/nextcloud/nextcloud/status.php et j’obtiens une erreur 404 Not found avec nginx en petit sous le message d’erreur.

    Merci pour votre aide et esprit de partage.

    Répondre
    • Edouard WATTECAMPS
      Edouard WATTECAMPS dit :

      Merci Christian,

      Voici mes réponses :

      • En effet vous avez raison. L’installation du paquet certbot ajoute une tâche planifiée permettant le renouvellement des certificats. L’article a été mis à jour dans ce sens.
      • Le service redis est automatiquement lancé après installation du paquet. Nul besoin de le lancer ou de gérer de quelconque droit.
      • J’ai ajouté une section permettant l’accès en local en fin d’article.

      W.

      Répondre
  5. Chris
    Chris dit :

    Bonsoir,

    Super tutoriel déjà vraiment au top!
    J’ai eu un souci, tout fonctionne mais à partir du moment ou j’ai configuré le cache + fail2ban j’ai une Internal Server Error. Auriez vous une idée de la cause ? Avant cette partie là j’ai testé et tout fonctionnait.

    Merci par avance !

    Répondre
  6. gudbes
    gudbes dit :

    Bonjour et merci pour ce super travail.

    Je ne commente pas souvent les articles mais la je ne peux m’en empêcher. Ton travail est parfait.
    Tu touches à toutes les parties : installation / configuration / optimisation / sécurité 🙂 et cela avec des explications très détaillées de tes choix.

    Bref super beau travail !!!

    Je rajoute juste ma contribution :

    Pour la partie fail2ban, dans le fichier /var/www/nextcloud/config/config.php :

    Il faut mettre :
    ‘log_rotate_size’ => ‘104857600’ et non ‘log_rotate_size’ => 104857600 (oublie des simples quotes)

    Bonne continuation !!

    Répondre
  7. Jim
    Jim dit :

    Bonjour, très instructif merci beaucoup.
    Une petite question cependant à laquelle j’ai du mal à trouver un réponse.
    Durant l’installation comment choisir un emplacement différent pour le dossier data sans planter la base de données.
    Je pense que le dossier data est amené à grossir et la partition contenant www va vite saturer.

    Répondre
  8. Ben
    Ben dit :

    Bonjour,
    Après une fresh install j’ai une erreur au démarrage de nginx/
    Je fait un nginx -t -c /etc/nginx/sites-available/nextcloud et voici le retour :
    nginx: [alert] could not open error log file: open() « /var/log/nginx/error.log » failed (13: Permission denied)
    2018/12/12 18:01:19 [emerg] 2094#2094: « upstream » directive is not allowed here in /etc/nginx/sites-available/nextcloud:1
    nginx: configuration file /etc/nginx/sites-available/nextcloud test failed

    Comment peut on résoudre ce problème?
    D’avance merci
    Ben

    Répondre
      • Ben
        Ben dit :

        Bonjour Edourard,

        Voici le le fichier de conf je l’ai laissé avec toutes les infos 🙂

        upstream php-handler {
        server unix:/var/run/nextcloud.sock;
        }
        server {
        listen 80;
        listen [::]:80;
        server_name cloud.grangeon.fr;
        return 301 https://$server_name$request_uri;

        listen 443 ssl http2;
        listen [::]:443 ssl http2;
        server_name cloud.grangeon.fr;

        # Path to the root of your installation
        root /var/www/nextcloud/;
        ssl on;
        ssl_certificate /etc/letsencrypt/live/cloud.granegon.fr/fullchain.pem;
        ssl_certificate_key /etc/letsencrypt/live/cloud.grangeon.fr/privkey.pem;
        ssl_trusted_certificate /etc/letsencrypt/live/cloud.grangeon.fr/chain.pem;
        ssl_dhparam /etc/ssl/certs/dhparam.pem;

        ssl_session_cache shared:SSL:1m;
        ssl_session_timeout 1440m;
        ssl_buffer_size 8k;
        ssl_protocols TLSv1 TLSv1.1 TLSv1.2;
        ssl_ciphers ‘kEECDH+ECDSA+AES128 kEECDH+ECDSA+AES256 kEECDH+AES128 kEECDH+AES256 kEDH+AES128 k$
        ssl_prefer_server_ciphers on;
        ssl_stapling on;
        ssl_stapling_verify on;

        # Add headers to serve security related headers
        add_header X-Content-Type-Options nosniff;
        add_header X-XSS-Protection « 1; mode=block »;
        add_header X-Robots-Tag none;
        add_header X-Download-Options noopen;
        add_header X-Permitted-Cross-Domain-Policies none;
        add_header Strict-Transport-Security ‘max-age=31536000; includeSubDomains;’;

        location = /robots.txt {
        allow all;
        log_not_found off;
        access_log off;
        }

        location = /.well-known/carddav {
        return 301 $scheme://$host/remote.php/dav;
        }

        location = /.well-known/caldav {
        return 301 $scheme://$host/remote.php/dav;
        }

        # set max upload size
        client_max_body_size 512M;
        fastcgi_buffers 64 4K;

        # Enable gzip but do not remove ETag headers
        gzip on;
        gzip_vary on;
        gzip_comp_level 4;
        gzip_min_length 256;
        gzip_proxied expired no-cache no-store private no_last_modified no_etag auth;
        gzip_types application/atom+xml application/javascript application/json application/ld+json a$

        location / {
        rewrite ^ /index.php$uri;
        }

        location ~ ^/.well-known/acme-challenge/* {
        allow all;
        }

        location ~ ^/(?:build|tests|config|lib|3rdparty|templates|data)/ {
        deny all;
        }

        location ~ ^/(?:\.|autotest|occ|issue|indie|db_|console) {
        deny all;
        }

        location ~ ^/(?:index|remote|public|cron|core/ajax/update|status|ocs/v[12]|updater/.+|ocs-provider/.+).php(?:$|/$
        fastcgi_split_path_info ^(.+.php)(/.*)$;
        include fastcgi_params;
        fastcgi_param SCRIPT_FILENAME $document_root$fastcgi_script_name;
        fastcgi_param PATH_INFO $fastcgi_path_info;
        fastcgi_param HTTPS on;
        fastcgi_param modHeadersAvailable true;
        fastcgi_param front_controller_active true;
        fastcgi_pass php-handler;
        fastcgi_intercept_errors on;
        fastcgi_request_buffering off;
        fastcgi_read_timeout 300;
        }

        location ~ ^/(?:updater|ocs-provider)(?:$|/) {
        try_files $uri/ =404;
        index index.php;
        }

        # Adding the cache control header for js and css files
        # Make sure it is BELOW the PHP block
        location ~* .(?:css|js|woff|svg|gif)$ {
        try_files $uri /index.php$uri$is_args$args;
        add_header Cache-Control « public, max-age=15778463 »;
        add_header X-Content-Type-Options nosniff;
        add_header X-XSS-Protection « 1; mode=block »;
        add_header X-Robots-Tag none;
        add_header X-Download-Options noopen;
        add_header X-Permitted-Cross-Domain-Policies none;
        # Optional: Don’t log access to assets
        access_log off;
        }

        location ~* .(?:png|html|ttf|ico|jpg|jpeg)$ {
        try_files $uri /index.php$uri$is_args$args;
        # Optional: Don’t log access to other assets
        access_log off;
        }
        }

        Merci d’avance

        Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.